Les dérives de la rédaction Web
Pièges & Dérives

Les dérives de la rédaction Web

Il y a quelques mois, j’ai eu affaire à une entreprise qui avait toutes les caractéristiques d’une « Start-up ». Elle m’avait contacté par e-mail, via le site Fiverr. Appelons-là l’entreprise « Livre clé ». Voici comment commence mon histoire…

1. Une proposition innocente…

« Livre clé » est à la base une entreprise américaine, spécialisée dans le résumé de livres audio. Cependant, celle-ci possède apparemment sa propre branche d’édition en Chine. C’est donc par le biais de cette société chinoise que j’ai été contacté par e-mail. Cette entreprise recherchait donc des français natifs, pour effectuer un travail de relecture et de correction, sur des contenus traduits de l’anglais au français. Ce travail consistait donc à corriger les fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe et bien sûr, de faire de la réécriture. Une proposition qui restait donc, de premier abord, innocente.

J’étais assez curieuse de savoir jusqu’où cette expérience pourrait me mener, j’étais donc prête à accepter leur tarif. De cette manière, j’allais pouvoir ainsi observer si j’allais être gagnante ou finir endettée et épuisée. Cette entreprise m’a donc proposé de corriger ses différents contenus sur une base de 40$ les 5000 mots. Du coup, curieuse, j’accepte même si, de près ou de loin, c’était visiblement de l’esclavage… Bref, à ce prix-là, je me suis dit que la traduction de base devait donc déjà être de bonne qualité…

Du coup, curieuse, j’accepte même si, de près ou de loin, c’était visiblement de l’esclavage…

Les dérives de la rédaction Web
Les dérives de la rédaction Web : les poupées russes

2. Le jeu des poupées russes…

Après plusieurs échanges par e-mail et 1 correction test plus tard, l’entreprise se décide enfin à m’envoyer un premier texte à corriger. Et là… Surprise ! Un contenu de moins de 6500 mots, complètement copier-coller à partir d’un logiciel de traduction en ligne. Car littéralement, certaines phrases ne sonnaient tout simplement pas justes ou, n’avaient vraiment aucun sens.

Bref, je me mets donc à corriger puis, de fil en aiguille, je finis finalement par réécrire des paragraphes entiers. Je me rends donc bien compte qu’il était tout simplement impossible d’être rentable, même avec tous les efforts du monde. Je pense donc que ça devait être une technique bien rodée de l’entreprise. Elle base en fait le travail sur de la correction, alors qu’il s’agit bien de réécriture pure et dure. Voilà comment un sujet de moins de 6500 mots m’a donc fait travailler 2 jours entiers (en mode no life). Avec plus de 10h de travail, j’avais donc tout juste gagné 52$, donc environ 42€ (6000/5000×40$). Autant dire que ça ne représente même pas un tarif normal, à l’heure.

Et là, je me rends bien compte qu’il était tout simplement impossible d’être rentable, même avec tous les efforts du monde.

3. Un semblant de promotion, pas si avantageuse…

Tenace et surtout, toujours aussi curieuse, je décide de tout de même continuer avec la correction d’un second contenu. Je m’étais convaincue que j’avais sûrement dû tomber sur un mauvais traducteur et, qu’au prochain, ce serait autrement. Et bien en fait, pas du tout ! Le même copier-coller. Par ailleurs, j’apprends dans la foulée que mon contact était finalement une stagiaire. Elle m’annonce qu’elle doit partir pour finalement passer ses examens. Mais, avant de plier bagage, elle me propose tout de même une « promotion ».

La promotion consiste donc à m’augmenter de 40$ à 45$ les 5000 mots. Cela pour un travail d’évaluation en complément du travail de correction. Concrètement, en plus des sujets à corriger, je devais donc recevoir d’autres contenus à évaluer. Je devais ainsi ne piocher que 2 ou 3 paragraphes dans chacun de ces contenus. Puis, je devais donner une note sur 10, sur l’ensemble. Le barème défini était d’ailleurs un peu hasardeux. Imaginez avec quoi la stagiaire a dû noter la correction test que j’ai faite… Bref ! Pas de quoi sauter de joie non plus. Du coup, toujours aussi curieuse, j’accepte histoire de voir jusqu’où cette entreprise pouvait aller dans cet abus.

J’apprends dans la foulée que mon contact était finalement une stagiaire

4. Les dérives dans la rédaction Web : jamais 2 sans 3 !

Une semaine passe et la première stagiaire se fait donc remplacer. La nouvelle habite cette fois-ci en France (mais toujours pas moyen de me rémunérer en €). Elle fait donc le point avec moi concernant le nombre de sujets que je suis prête à corriger chaque semaine. Je me lâche et lui dit : jusqu’à 3 par semaine maximum. Suite à ça, elle me propose alors de rajouter 3 sujets à évaluer. Au total, ça faisait donc 6 sujets par semaine à corriger et à évaluer, dont 3 à seulement corriger.

Au premier envoi, tout se passe à peu près bien. La stagiaire m’envoie finalement que 2 sujets à réviser au lieu de 3. Mais j’étais carrément épuisée, je ne me voyais donc déjà plus continuer. Ma volonté diminuait complètement également, c’est qui n’était donc pas très satisfaisant. Arrivée au second envoi, tout est alors parti en cacahuète !

La stagiaire m’envoie cette fois-ci 3 sujets à corriger, dont 1 qui ne contenait que moins de 5000 mots. Autrement dit, il était totalement gratuit, puisque l’entreprise ne me payait que sur une base de 5000 mots. Du coup, comme si m’envoyer des textes bas de gamme n’était pas assez, l’entreprise souhaitait maintenant s’offrir un contenu. Cette aventure était donc allée trop loin. Il était ainsi temps d’y mettre un terme. Un e-mail et ça s’était bouclé, très cordialement.

Autrement dit, il était totalement gratuit, puisque l’entreprise ne me payait que sur une base de 5000 mots.

Pour finir…

Et voilà les loulous, on arrive sur la fin de cette première expérience désagréable qui, je l’espère, pourra vous inspirer. J’espère également que cette histoire attirera votre attention sur les dérives que l’on peut trouver dans une activité en freelance, notamment dans le domaine de la rédaction Web. Si vous pensez pouvoir accepter une proposition à un tarif « bas de gamme », vous saurez maintenant à quoi vous en tenir.

Retrouvez d’autres témoignages sur duparaitreauxmots.com ! Et soyez ainsi informé des dernières dérives dans le domaine de la rédaction Web. Vous avez également un témoignage à partager ? Envoyez-les-moi sur : dominique@duparaitreauxmots.com ou, en commentaire.

– DISCLAIMER –
Tous les articles de ce blog ont pour objectif de sensibiliser sur les dérives existants dans l’activité de Freelance, et notamment dans la rédaction Web. Chaque témoignage est ainsi rédigé sous un angle de vue qui reste propre à la personne qui l’expérimente, sans aucune contrepartie particulière associée. Le but est ainsi d’aider tous les indépendants à pérenniser leur activité, sur la base d’une collaboration plus équitable.

Je blogue sur des sujets autour de la rédaction Web. Je vous partage mes actus, que ce soit mes dernières découvertes / apprentissages, ou pointer des pratiques illégales voire dévalorisantes quand on souhaite se lancer en freelance. Mon but : lâcher le masque social et être 100% authentique.

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